Juin 2022 / Commémorations du Camp du Drap d'Or

L'association Tours, Cité de la Soie, va célébrer les 500 ans du Camp du Drap d'Or, nom donné à la rencontre diplomatique qui se déroula entre le roi François Ier et Henri VIII d'Angleterre du 7 au 24 juin 1520, dans un lieu situé dans le nord de la France, à Balinghem près de Calais, entre Ardres, appartenant à la France, et Guînes, anglaise à l'époque. 

François Ier loge au cœur d’un village de 300 à 400 tentes recouvertes de soie, de draps d’or et d’argent. La tente du souverain, imposant pavillon composé de chambres, garde-robes, chapelles et galeries pour joindre les différentes pièces, est recouverte de drap d’or et surmontée d’une statue de Saint Michel couverte d’or. Des lys d’or brodés sont semés par milliers sur les ornements des tentes.

Huile sur toile de 1545 - Wikipédia ©

Mais quel est le lien avec Tours ?

Tours est alors considérée comme la capitale française de la soie, et, en 1520, plus de 1000 personnes tissent dans les ateliers des « Maîtres ouvriers en draps de soye d’or et d’argent ». ​ Les maisons de Tours et les faubourgs de la ville bruissent des ateliers où l’on travaille avec famille et apprentis la soie brute, avant de la tisser. Taffetas, satin, velours, damas, tissus mêlés de fils d’or ou d’argent sont produits en quantité et vendus dans tout le pays par les marchands tourangeaux. La présence régulière de la Cour en Touraine offre un beau marché aux riches étoffes. Tours est la capitale de la production de soie. C’est tout naturellement que Tours est désignée comme le lieu d’assemblage des somptueuses tentes de la future rencontre royale. Les tissus sont là, en majorité. Et puisque les circonstances sont vraiment exceptionnelles, on fera venir certains draps d’or et fleurs de lys brodées d’or d’Italie.

De février à mai 1520, la ville entre dans une effervescence jamais vue : des dizaines puis des centaines de couturiers et couturières, réunis dans la salle de l’archevêché, puis dans le château, assemblent draps de base des pans de tentes et enrichissements allant les recouvrir et les parer : pans de soie aux couleurs du roi (blanc, violet, noir, brun), franges, draps d’or et d’argent. Plus nombreux de semaine en semaine alors que l’échéance approche, hommes puis femmes, travaillent jour et nuit, dimanche et jours fériés. Ils ont laissé leurs noms et prénoms à travers le livre de compte de l’événement. On monte 4 forges dans les jardins de l’archevêché pour les ferrures des tentes. Les charpentiers assemblent les mâts de chêne et de sapins arrivés par la Loire depuis les monts du Forez. Les menuisiers taillent fenêtres et lucarnes des pavillons. On fabrique les attaches de cuir. Enfin, on vérifie la solidité de l’ensemble en montant les tentes sur une île de la Loire. Mi-mai 100 chariots et 400 chevaux quittent Tours et prennent le chemin du nord vers Ardres : les tentes escortées par les marchands tourangeaux y sont assemblées, protégées dans des toiles cirées, bien gardées. Sur place les derniers détails seront organisés et les matelots de Boulogne dresseront le camp.

L'association Tours, Cité de la Soie nous promet un magnifique programme avec restitution d'une tente, conférences, animations, concerts, etc. À suivre...!